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Rompre la solitude des patients isolés

Une vingtaine de bénévoles de l’association les petits frères des Pauvres rend visite chaque semaine à des patients isolés de l’unité de soins longue durée de l’hôpital Emile-Roux (Hôpitaux Universitaires Henri Mondor – AP-HP).

« Vous êtes en retard ! Et pas qu’un peu » ironise Mme F. La pensionnaire de 87 ans attend impatiemment la visite de Lucile. Comme chaque mercredi à 14h. La jeune bénévole des petits frères des Pauvres tient une place importante de la vie de l’octogénaire depuis deux ans et demi. Ensemble, elles papotent de tout et de rien, rient, partagent un café, flânent à la médiathèque de l’hôpital ou dans le joli parc arboré. Comme ce mercredi de mai, où le soleil montre enfin le bout du nez. « Il y a un peu de vent. Je vais m’envoler » s’amuse Mme F. dans son fauteuil roulant. Souriant, le duo déambule dans les allées verdoyantes. L’octogénaire tance gentiment son accompagnante pour qu’elle lui cueille des fleurs. Une agréable balade bucolique. « La semaine prochaine, je m’occuperai de vos ongles ». Un lien fort s’est noué entre elles.
Une complicité d’autant plus importante que Mme F. n’a pas de famille proche et ne reçoit aucune visite.
Comme 50% des 450 patients de l’unité de soins longue durée. « Beaucoup sont en situation d’isolement profond. D’où l’importance du passage des bénévoles de l’association » explique Agnès Leboeuf, la responsable de l’équipe petits frères des Pauvres intervenant à l’hôpital Emile-Roux. Ces derniers ne manquent jamais les moments importants de la vie des patients comme les anniversaires, Noël ou encore le 1er octobre, où ils assurent une distribution de 500 roses, lors de l’événement « Les fleurs de la fraternité », à l’occasion de la journée internationale des personnes âgées. « On donne autant qu’on reçoit » souligne la responsable. « Des « moments magiques, de bonheur » qui n’occultent pas une dure réalité. Si certains patients ne se souviennent pas des bénévoles qui interviennent en binôme, leurs visites suffisent à mettre des sourires sur les visages, du baume au cœur.
« C’est important de garder le moral » confie Mme R. 93 ans qui sirote un café avec Dominique. La quadragénaire a rejoint l’association il y a un an. Les bénévoles sont spécialement formés par les petits frères des Pauvres. Ils sont encadrés et accompagnés. Ils interviennent en double lors de leurs premières visites aux patients tant que cela est nécessaire. « C’est un public fragile. Il faut être sûr de l’engagement du bénévole » précise Agnès Leboeuf.
Pour mener à bien ses missions, les petits frères des Pauvres recherchent des bénévoles.
Mail : banlieue.limeilbrevannes@petitsfreresdespauvres.fr
Site internet : Petits frères des Pauvres